Une fois n’est pas coutume, pour fêter mes 32 étés, je suis partie dans le sud-est de la France en quête de lavande. Mais pas dans le sud bling-bling de la Côte d’Azur, ni sur le plateau surchargé de touristes de Valensole, ni dans le Lubéron très prisé que j’avais déjà visité, ni dans les Alpilles que je connais déjà. Non, il me fallait un coin secret EN PROVENCE, avoir le beurre et l’argent du beurre. Et cela existe dans les Baronnies provençales !

Si les étrangers sont bien moins nombreux cette année à visiter la France, il m’a suffi de jeter un œil à mon fil Instagram pour voir que pratiquement tout le monde y allait de son petit brin de lavande cette année. Au moins, le tourisme local se répand. Mais las ! Moi, j’aime pas être à touche-touche avec mon voisin, surtout quand une pandémie est en cours. Il devait bien exister un moyen pour voir moi aussi la lavande, tout en respectant mes propres critères de distanciation sociale qui ont donné lieu à mon appétence pour les zones blanches ?

Cette idée, c’est Itinera Magica qui me l’a soufflée. En tant que native pur jus de la Drôme provençale, dont une partie se situe dans les Baronnies provençales, mon homonyme Alexandra connait les moindres recoins de la Haute-Provence et c’est son article qui a titillé ma curiosité.

« Sachez-le, amis de l’or mauve : tout le monde en Provence pense à Valensole et à Sault pour voir les lavandes, mais la Drôme provençale, merveilleuse et solitaire, vous tend les bras. J’en parle avec un chauvinisme tout particulier, car c’est mon pays : la Drôme provençale, c’est sublime et secret. C’est l’autre Provence, celle qu’on a gardée pour nous. »

Itinera Magica – Lavandes et rivières : un été en Haute-Provence

Les Baronnies provençales, ça se mérite !

Si vous regardez où se situent les Baronnies provençales par rapport à Lyon, comparé au Lubéron où j’étais déjà allée, vous pourriez vous dire : « Ah, c’est pas très loin en fait ». ET BIEN NON. Car voyez-vous, ce tout jeune parc naturel régional créé en 2015 est montagneux, et il faudra serpenter dans de nombreux cols à 30, 20 voire 10 km pour atteindre les fameuses vallées cachées regorgeant de lavande.

Vue sur le mont Ventoux depuis les Baronnies provençales
Il faudra un peu de route pour atteindre cette sublime vue du mont Ventoux !

Comptez en plus que l’A7 était embouteillée ce jour-là (merci les grands départs en vacances), et un trajet de 250 km prend tout de suite 5h. Alors c’est sûr que le Lubéron, qui n’est même pas à 3h de Lyon, tout en ligne droite sur l’autoroute c’est bien commode. Mais où est le fun ? Moi je vous le dis, un voyage n’est pas réussi tant que l’on n’a pas rendu son petit-déjeuner dans des virages en épingles à cheveux.

Nyons, capitale de l’olive noire

Même qu’il faut prononcer « Nyonse » car Nyon c’est en Suisse. Nyons, donc, c’est la porte d’entrée privilégiée de la Haute-Provence, le chef-lieu de l’olive noire, la « Nice des Alpes dauphinoises ». Ne vous attendez cependant pas à une ville immense, puisqu’il s’agit plutôt d’un gros village de même pas 7 000 habitants.

En plein début juillet, un samedi, j’étais surprise de croiser très peu de monde et de voir que de nombreux commerces et restaurants étaient fermés. Personnellement ça me va, mais ça n’enchantera peut-être pas tout le monde. Les devantures du centre-ville étaient en tout cas bien mignonnes et décorées avec beaucoup de goût, preuve que les Nyonsais prennent soin de leur petite ville.

Nyons en Baronnies provençales
Une charmante placette qui fleure bon la Provence à Nyons (c’est une statue hein, je m’amuse pas à photographier le cul des chiens).

Les gens n’hésitent pas à se baigner dans l’eau turquoise de l’Eygues qui coule juste en contrebas. Le sublime pont roman en vieille pierre, que vous ne pouvez pas louper depuis la rivière, est classé monument historique. Les boutiques d’olive et de poterie provençale sont Légion et les glaciers présents en bonne quantité. Bref, ça sent l’été, et j’aurais volontiers barboté si nous n’étions pas déjà en retard pour récupérer les clés de la chambre d’hôte.

Pour la suite de mon périple à la frontière entre Drôme et Vaucluse, je n’avais qu’à suivre le mont Ventoux. Si vous êtes fan du Tour de France, vous connaissez bien ce gros mont chauve dont la pente est hyper raide et où il y souffle un vent à décorner les bœufs. En tout cas, c’est le point culminant du coin où j’étais, et c’est à ses pieds que s’étalent au nord les Baronnies provençales, au sud le Lubéron.

Ferrassières, le meilleur endroit pour voir la lavande en Baronnies provençales

Focus sur les bories

Ces cabanes de pierre sèche servaient d’abri saisonnier pour les travailleurs agricoles et bergers. Elles sont construites selon la technique de l’encorbellement : des pierres plates sont posées l’une sur l’autre et légèrement inclinées vers l’extérieur, chaque pierre s’avançant un peu vers l’intérieur par rapport à la précédente. On en trouve surtout dans le Vaucluse et dans les Bouches-du-Rhône, mais c’est du coup possible d’en apercevoir dans les Baronnies provençales… jusque dans les champs de lavande 😉

Au crépuscule, cap sur le plateau d’Albion, et plus particulièrement sur Ferrassières. Il s’agit de la ville la plus au sud de la région Auvergne-Rhône-Alpes : au-delà, on est officiellement en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais rassurez-vous, comme dans la plupart des endroits de Haute-Provence, l’ambiance est déjà fortement marquée par l’influence sudiste et les cigales se donnent la réplique dans un concert sans fin. Sur ce plateau, bien planqué au milieu de la montagne, se trouvent plein de champs de lavande.

Si la commune n’abrite même pas 200 âmes, il y a un super bar-restaurant, L’entre Pot’, qui nous a fait un chèvre chaud au miel à tomber par terre, et en quantité fort généreuse. L’extérieur, avec ses banquettes colorées, m’a d’ailleurs un peu rappelé les bars de plage de Thaïlande. Cependant, il ne faut pas oublier que les campings de la région proposent souvent un restaurant et qu’ils sont même, selon ma logeuse, très bons !

C’est également à Ferrassières que j’ai vu, pour la première fois de ma vie, des champs de lavande en fleurs. Puisque les champs sont en altitude, la lavande est récoltée plus tardivement ce qui en fait THE PLACE TO BE quand le plateau Valensole & cie a déjà été ratiboisé.

Autres villages pittoresques de Haute-Provence

Il y a de nombreux villages à découvrir, et en l’espace de 24h j’aurais bien eu du mal à tous les faire. Par contre, je vous recommande chaudement la visite du centre-ville labyrinthique de Montbrun-les-Bains et de son château médiéval. Il est perché sur une colline, au milieu des champs de lavande, et fait partie des plus beaux villages de France. En plus de ça, c’est une ville thermale réputée !

Montbrun-les-Bains en Baronnies provençales
La nuit tombe sur Montbrun-les-Bains.

Plus au nord, on traverse Buis-les-Baronnies, avec ses jolies maisons colorées et son clocher assourdissant. Le centre-ville regorge de vieux bâtiments et les ruelles sont vraiment chouettes à traverser. Personnellement, c’était un petit coup de cœur pour moi 🙂

Au-delà de Buis, on franchit le col d’Ey en direction de Sainte-Jalle pour y découvrir une vallée surnommée « le grenier des Baronnies ». Là aussi, des champs de lavande s’étendent de part et d’autre de la route et c’est un réel plaisir que de s’arrêter sur le bas-côté pour un aller écouter le bourdonnement des abeilles à l’oeuvre. C’est vraiment dommage de ne pas avoir pu rester plus longtemps car le parc est immense et regorge de petits villages atypiques comme je les aime !

Papillon et lavande dans le col d'Ey
En prime, un joli papillon qui butine tranquille son brin de lavande

To-do list des choses à faire en Baronnies provençales

  • Goûter l’huile d’olive de Nyons (AOC)
  • S’emplir les narines de la bonne odeur des lavandes
  • Se surpasser en escalade sur un des nombreux sites naturels
  • Louer un vélo et tracer sa route parmi les cols
  • Profiter des vents favorables pour faire du parapente et deltaplane
  • Flâner dans un marché provençal
  • Goûter le vin de pays

Pour préparer votre séjour

Même si c’était les grandes vacances, j’ai croisé pendant ce court séjour plus de cyclistes (en préparation pour grmper le mont Ventoux ?) que de voitures et les villages traversés étaient tous très paisibles. Probablement que la pandémie a eu un certain impact sur le tourisme, mais les Baronnies provençales restent tout de même un parc naturel très lié à la nature et au calme. C’est une escapade rêvée pour qui veut vivre la Provence mais ne supporte pas les touristes et l’agitation que l’on peut retrouver plus au Sud !

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