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Ce qu’il faut savoir quand on voyage en Roumanie

La Roumanie est un des pays les moins visités d’Europe par les touristes (1), ce qui en fait une destination idéale pour ceux qui cherchent de l’authenticité et n’aiment pas la foule (comme moi !). De retour de mon voyage au cœur des Carpates, voici quelques informations pratiques à savoir quand vous envisagez de visiter la Roumanie.

Se loger en Roumanie

Peu d’hôtels existent en Roumanie. Il faudra donc privilégier le séjour chez l’habitant ou dans des gîtes et chambres d’hôtes. Personnellement, j’ai utilisé Booking et AirBNB pour trouver les endroits où nous allions dormir. Tout comme en Croatie, il y a un vrai circuit parallèle qui s’est créé où les habitants reconvertissent une pièce de leur maison à l’usage des touristes, voire carrément un bâtiment entier.

Ceci permet d’approcher avec plus de facilités les locaux, bien que certains ne parlent pas du tout anglais (c’est le cas d’un hôte qui nous a envoyé sa fille pour nous donner les clés). Nous avons beaucoup appris de la Roumanie grâce à une de nos hôtes à Sibiu (Dorina, qui gère une chambre médiévale très mignonne) qui nous invitait à prendre l’apéro avec elle et ses amies.

Roumanie, hébergement médiéval à Sibiu
Notre chambre médiévale à Sibiu

Généralement, nous avions été très bien accueillis et avons facilement eu des conseils sur les endroits à voir, comment y aller, les restos à tester, etc. Les prix sont plus que corrects, comptez en général entre 20 et 40 € la nuit pour un appartement deux personnes. Il n’est pas nécessaire de s’y prendre à l’avance car il y a pas mal d’options.

Se déplacer en Roumanie

Quelques exemples de prix en train

Bucarest > Brasov : 48,6 lei (10 €)
Brasov > Sibiu : 63,4 lei (13,5 €) (1ère classe)
Sibiu > Sighisoara : 13 lei (2,8 €)
Sighisoara > Bucarest : 58 lei (12,5 €)

Se déplacer en Roumanie avec les transports en commun, c’est tout le contraire de la France : les trains sont moins chers que les bus et roulent beaucoup moins vite (nous avons en moyenne fait du 50 km/h). C’est un sacré choc quand on ne peut même pas se payer le luxe de prendre un TER en France tellement c’est cher !

Beaucoup de trains roumains sont décrépis au possible, les vitres brisées, les portes du train ne sont parfois même pas fermées lorsqu’il fait chaud. Personnellement j’ai beaucoup aimé cette expérience insolite. On peut trouver tous les horaires de trains sur la plateforme CFR Calatori.

Train en Roumanie
Un train en Roumanie toujours en service
Un peu moins à cheval sur la sécurité qu’en France

Pour se déplacer de ville en ville, le bus est bien développé. Il faut repérer en premier la gare routière (parfois, comme à Brasov, il peut y en avoir plusieurs). On peut trouver les horaires sur le site Autogari (en français !). Les billets s’achètent soit à la gare routière soit directement dans le bus.

Nous n’avions pas loué de voiture car nous avions entendu dire que les routes étaient dans un état déplorable. Je ne sais pas si cela concerne la zone autour de Bucarest, mais en Transylvanie, nous n’avons rien repéré de dramatique une fois sur place. Cela dit, louer une voiture n’est pas bon marché et le prix de l’essence est quasi le même qu’en France (pour un salaire moyen roumain de 400 €, c’est vraiment inabordable). Le stop se pratique donc beaucoup, et il est d’usage de contribuer au prix de l’essence en donnant un billet au chauffeur.

Je pense que c’est surtout de la conduite des Roumains dont il faut se méfier (j’ai eu une expérience assez traumatisante dans un taxi à Bucarest). La Roumanie est le pays de l’Union Européenne qui a le plus fort taux de mortalité sur la route. Prudence donc…

Se nourrir en Roumanie

En bon pays de l’Est, la Roumanie propose des plats consistants à base de polenta, choux et patates, mais fait aussi pousser de beaux légumes comme les poivrons, courgettes et aubergines. C’est une cuisine qui tient au ventre, généralement carnivore, souvent agrémentée d’ail (pour éloigner Dracula ?), mais trouver une option végétarienne n’est pas très difficile.

Il est facile de trouver de petits troquets où grignoter (des stands de crêpes, par exemple, appelées clătite). Les boulangeries sont assez atypiques car vous ne pouvez pas entrer à l’intérieur : vous faites votre choix devant la vitrine et une petite fenêtre vous permet de communiquer avec le vendeur pour récupérer votre friand à la viande ou votre beignet. Concernant les boissons, les amateurs de bière et de vin auront l’embarras du choix. Les limonades sont aussi très répandues en Roumanie et sont délicieuses !

Enfin, il n’y a pas vraiment de sigle permettant de repérer un aliment “bio”, étant donné que la majorité de la nourriture est locale. La Roumanie est un vaste pays de tradition agricole, et elle a déjà tout ce qu’il faut sur place. Nous n’avons d’ailleurs pas croisé beaucoup de tracteurs dans les champs mais par trois fois des chariots de labour tirés par des chevaux, à l’ancienne. Si vous avez l’occasion de faire des marchés, vous allez voir de sacrés légumes vendus par de vieilles dames qui portent un foulard sur la tête.

Parler roumain

Le roumain est une langue latine, même si la Roumanie est entourée de pays slaves. Pour un francophone, il s’agit d’une langue encore plus transparente que l’espagnol ou l’italien. Il n’y a donc pas de difficultés à comprendre globalement le sens d’un panneau, encore plus quand il s’agit de noms scientifiques.

Langue roumaine
Easy !

Cependant, les Roumains apprécieront beaucoup que vous leur parliez en roumain (j’ai tellement pris le pli que l’un de mes hôtes croyait que j’étais roumaine !), même si c’est juste pour baragouiner quelques mots. Cela leur fait vraiment plaisir de voir que des étrangers font l’effort de s’intéresser à leur langue, car je pense qu’ils se sentent un peu exclus de la scène internationale. Les Roumains sont très francophiles, et il m’est arrivé, lorsque je posais une question à voix haute à mon compagnon, que quelqu’un nous réponde en français. Dans la Transylvanie historique, façonnée en partie par les Saxons, il est parfois plus facile de parler en allemand.

La sécurité en Roumanie

J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant en Roumanie, car j’ai entendu comme vous beaucoup de clichés sur les roumains. Pourtant, je peux vous garantir que vous allez réviser votre jugement si vous y allez.

Les Roumains souffrent énormément de l’amalgame fait avec les Roms, un terme qui désigne non pas le peuple roumain mais un peuple tzigane nomade (fortement présent en Roumanie) dont certains individus font la une de la presse lorsqu’ils commettent vol et autres larcins, souvent sous le qualificatif de “roumain”. On nous a rapporté que les Roumains sont autant victimes de vols que nous autres “occidentaux” et que cette confusion entretenue entre les deux termes leur faisait beaucoup de tort.

Effectivement, nous avons toujours été bien accueilli et n’avons pas senti ne serait-ce qu’une infime sensation d’insécurité, même tard la nuit (je n’en dirai pas autant de Lyon ou Strasbourg). Peut-être que c’est différent à Bucarest !

Il s’agit donc d’adopter les mêmes règles de sécurité que partout ailleurs. Les risques à garder en tête sont plutôt liés à l‘importante activité sismique du pays et à la présence de plusieurs milliers d’ours sauvages qui peuvent coûter la vie aux randonneurs (voir le site de la diplomatie française pour se tenir à jour des dernières recommandations).

Vous êtes prêts à partir en Roumanie ? Découvrez mon circuit de 10 jours dans la Transylvanie historique pour vous donner quelques idées de choses à faire ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires, je serai ravie d’essayer d’y répondre et de les utiliser pour alimenter cet article.


(1) Eurostat : Destinations touristiques

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